Une météorite incandescente apparaît et le voeu que nous nous autorisons à sa vision nous transporte ailleurs. C'est une praline, rouge en surface, avec un coeur qui se révèle tôt ou tard.
Avec la même fantaisie, décris ici les péripéties les plus insolites, les intrigues les plus improbables, les situations autant désespérées que rêvées.
La collection Praline est celle de l'aventure, petite ou grande, racontée en roman, pièce de théâtre... Vive l'imagination !
Un nougat mou, c'est trompeur.
On l'aborde comme une guimauve subtile et aérienne, la friandise idéale, quand soudain, sous la dent, croque une amande qui nous rappelle à une plus dure vérité.
Fais-nous part, ici, de tes expériences, et présente leurs aspects les plus hilarants, les plus émouvants, dans des formes aussi diverses que des chroniques, autobiographies, correspondances, manuels ou dictionnaires thématiques.
Sans illusion, ni fantasme, la collection Nougat expose les réels.
Il suffit de chauffer avec délicatesse une mousse informe composée de sucre et blancs d'oeuf pour que naisse une meringue solidement formée.
Triture tes méninges comme sont fouettés les blancs d'oeuf pour former un appareil bien structuré et libère en tourbillons tes pensées, réflexions, interrogations, dans des essais, pamphlets ou encore des fables.
Une heure dans un four à 120°, c'est prêt.
Nous les dégusterons dans cette collection Meringue, avec beaucoup d'esprit.
Sa devise, Ex lapsu gratia, serait gravée au fronton de la salle de réunion de cette société qui n’aurait jamais compté qu’un seul membre actif et l’humanité tout entière, sans le savoir ou, refusant de l’admettre. Théophile, entre deux cours, y tiendraient des conférences, réunissant spontanément un parterre de femmes et d’hommes égarés qu’une Providence farceuse aurait pris soin de rassembler.
En passant devant la salle, un souffle d’air opportun aurait soulevé le chapeau de ce chef comptable, un peu revêche et très pointilleux, l’obligeant enfin à lever la tête pour le retenir, et ce faisant, à découvrir la devise inscrite au fronton qui se présenterait à ses yeux. Lui qui ne tolérerait chez ses employés ni le moindre centime d’écart, ni la plus légère hésitation dans les colonnes, s’imaginait en saisir le sens, persuadé qu’elle signifierait que la grâce ne saurait tolérer un défaut. Rasséréné, convaincu que ses principes seraient non seulement partagés mais jugés si essentiels qu’une salle leur fût consacrée pour y être enseignés, ils s’y engouffreraient sans hésiter et s’installerait au premier rang, tirant de son veston son petit attirail composé d’une règle en métal qu’il poserait parallèlement au bord de la table, d’un encrier portatif, et d’un carnet qu’il ouvrirait comme un filet prêt à récolter les plus rigoureuses illustrations de ce qu’il tiendrait pour axiome.
A ses côtés, attiré par la rumeur qu’ici se célébrerait l’art des travers assumés, s’assiérait un couturier, soi-disant excentrique, dont la main refuserait de tailler un costume symétrique, plaquant une poche légèrement plus haute que l’autre, greffant une coudière à l’épaule, et montant le col en France pour le descendre en Italie. Et tout ceci, sans étourderie, ni distraction mais bien par sa seule volonté de défendre la règle que l’harmonie n’est pas un sous-ensemble symétrique. Ses clients, trop attachés à leurs miroirs, verraient des erreurs là où lui verrait des respirations. Et c’est pour cela qu’il se serait assis parmi les auditeurs, pour entendre d’une voix savante qu’un costume, comme un être, trouverait son charme dans ce qui échappe à la mesure exacte.
Une élégante adultérine, cherchant l’adresse discrète où elle retrouverait son amant, aurait pris pour un 9, le 8 partiellement effacé de l’adresse où il l’attendrait. La porte se serait ouverte devant elle, l’invitant à entrer. Elle pénétrerait dans la salle et s’assiérait par prudence dans l’ombre du dernier rang, le cœur battant à l’idée de le retrouver. Mais il ne viendrait pas. À la place, une voix s’élèverait. Elle sursauterait, comprendrait qu’elle n’était pas là où elle devrait être, et se pencherait pour rassembler ses affaires, prête à battre en retraite. Le professeur annoncerait alors son sujet « De la chute involontaire et de ses conséquences heureuses ». Le titre la suspendrait. Elle, dont le faux pas semblerait impardonnable demeurerait soudain attentive, songerait qu’il lui serait utile d’écouter, croyant discerner dans ces mots l’espoir d’une absolution philistine. Peut-être, penserait elle, y apprendrait elle comment corriger son égarement en élégance et déciderait de rester.
Et dans ce cénacle imaginaire, seule une fillette d’à peine sept ans, aussi mignonne que déterminée y serait venue par volonté véritable, seule, après avoir échappée à la vigilance de sa gouvernante, innocente coupable d’un désir vital de reprendre un demi souffle seulement. La fillette viendrait chercher, dans l’enseignement de Théophile un réconfort contre les moqueries de ses gestes maladroits, qui pour elle, ne seraient que l’expression d’une grande joie de vivre dont elle ne comprendrait pas qu’ils puissent être la source de jugements, même amicaux. A l’origine de sa présence, une ardeur. C’est parce qu’elle aurait été trop impatiente, de courir avec les garçons du Luxembourg, que, dans la hâte d’enfiler un pantalon par les pieds, avant que sa gouvernante ne réussît à lui passer une robe par la tête, elle se serait trompée d’orientation, et aurait mis le devant derrière. Et comme elle aurait gagné cette première escapade, pour punition, la gouvernante lui aurait imposé de le garder tout le jour, défilant ainsi, accoutrée de travers, du bassin aux voiliers jusqu’aux allées de sables sous les regards ébahis des promeneurs et les rires plus sévères de ses camarades moqueurs. Elle espérerait donc trouver dans cette conférence comment convaincre son monde, qu’au fond, peu importe l’endroit ou bien l’envers, l’essentiel ne serait pas le sens du vêtement mais de batifoler à son aise.
Dans l'ombre douce d'un coin reculé de son laboratoire, Théophile était penché sur son bureau à l'abri des regards et du bruit. Il tournait le dos à ses visiteurs et à la grande fenêtre qui s'ouvrait sur le jardin luxuriant de l'école de botanique. Sa silhouette se noyait dans le fouillis qui l'entourait. Sur sa table, un chaos organisé, une déferlante de livres, certains à moitié ouverts, d'autres soigneusement empilés, et dans les creux, l'écume de papiers griffonnés de notes et de croquis. De part et d'autre, des étagères débordaient elles aussi d'instruments de mesure et d'observation dispersés avec précision et de bocaux en verre étiquetés avec méthode, contenant des échantillons de plantes séchées, de graines ou de racines. Des bibliothèques couvraient les autres murs. Elles conservaient le matériel d'étude de Théophile : des vieux livres de botanique, des traités scientifiques sur la faune et la flore des tropiques, mais aussi des journaux de voyages, des carnets de terrain dans lesquels il avait noté avec minutie ses observations, des herbiers, une tasse de café vide, et surtout, toutes ses planches florales peintes de sa main délicate pour rendre grâce à la nature inspirée. Et ça et là, imbriquées entre fatras et microscope, silence et génie, des curiosités pérégrines étalées aux quatre coins témoignaient d'une contemplation sans limite pour le monde que Théophile étudiait. Tout s'agençait dans un désordre méthodique reflétant dans un équilibre subtil l'ordre des sciences et la clarté des arts.
Rien n'aurait pu distraire Théophile en cet instant, aspiré par l'examen rigoureux de son nouveau sujet d'étude qu'il s'imposait entre la tenue de ses cours magistraux ; ni la fine couche de poussière du faisceau de lumière qu'il rêvait en univers, ni les ombres aux murs qu'ils contemplaient en artefacts animés l'intimant à l'éclipse. Théophile était arcbouté sur un échantillon posé sur son bureau, le regardait d'un air plus songeur que professeur. En ajustant ses lunettes, il le plaçait délicatement de ses mains légèrement fébriles sous sa loupe. Son regard se penchait en avant, fixant intensément l'image grossie qui se dessinait à travers la lentille. L'émerveillement éclairait son visage, un sourire perçait le mystère.
La lumière de l’après-midi avait maintenant gagné toute la pièce, comme pour signaler l’importance de la trouvaille.
Il se redressait en tirant sa loupe sur le côté, envahi par un sentiment de satisfaction, presque de quiétude, de celui qui avait devancé l'issue avant qu'elle ne se révèle.
- C'est bien ce que je pensais, dit-il à voix haute comme pour en convaincre tous les absents de son laboratoire.
- Et vous pensez quoi, professeur ? reprit Isaline, qui venait d'entrer au moment du prestige.
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